Le Monde

Marie-Aude Roux, 10 April 2011 (excerpt)

Weber Le Freischütz at Opéra Comique, Paris

La magistrale partition de Weber trouve, sous la direction amoureuse et passionnée de Sir John Eliot Gardiner, une interprétation à sa mesure. Le chef britannique est passé maître en dramaturgie fantastique. Etourdissant de verve rythmique ou de ferveur mélodique, Gardiner fait surgir d'impressionnants solos d'instruments comme autant de personnages angéliques ou cyniques.

C'est dans l'orchestre que se noue le drame du chasseur contraint par amour pour sa fiancée à faire un pacte avec le diable afin de réussir le tir unique qui lui obtiendra sa main.

Le Choeur Monteverdi est toujours d'une excellence enthousiasmante. Quant au plateau vocal, il fait la part belle aux voix plus légères que celles communément employées dans la version allemande : face à la touchante Agathe de Sophie Karthäuser, le Max, joli mais un rien balourd, d'Andrew Kennedy, l'Annette bonne copine de Virginie Pochon et le vibrionnant Gaspard de Gidon Saks.